Arcoa-trip: Un 450, un 520 et un 600 en expédition sur la Leyre

Published on 14 oct 2009 at 20:34. 2 Comments.
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Attention! Retour en arrière sur un évènement de l’été dernier, une sorte de célébration sectaire vécue à l’occasion de la grande marée de juillet 2009.

En synthèse, il s’agit des aventures d’un arcoa 450, d’un arcoa 520 et d’un arcoa  600 remontant La Leyre lors d’un soirée estivale mémorable… croyez moi.

Mais je laisse le soin à l’instigateur de “ce trip” – Woody- d’en faire le récit… Prenez quelques minutes, asseyez vous confortablement, et …:

Voilà comment j’ai vécu notre petit périple :

 

Il me semble qu’il s’agissait de l’un de ces samedi d’été particulièrement chaud. Le vend soufflait un peu. Nous attendions le rendez-vous à l’île aux oiseaux. Nous avons mangé et bu juste ce qu’il fallait, avant de décider de nous baigner. Avec le retour de la marée, il était temps de partir pour notre point de rencontre.
Nous avons fait tranquillement le chemin jusqu’à la marque. Au loin, la silhouette fluette d’un 520 un peu chargé. Pas de doute sur les occupants:SortieLeyre-Arcoa520 Joel, Bruno, Anne-C., Hélène et Mathieu (NDW: soit l’équipage d’u Bac à Voiles Umbria saison 2009). Quelques salutations distantes, et nous nous lançons dans la direction du cul du bassin. Pardon du delta de la Leyre.
Une belle et grande marée. Trois ou quatre heures de balade devant nous. Mais déjà, alors que nous abordons les premiers rétrécissements du bras Nord, le embouteillages et les dépassements osés commencent.
Nous avons profité de tout. Les bateaux amarrés, les herbes hautes, les oiseaux et les traîne-couillons particulièrement nombreux ce soir là. On les voyait bien, nous puisqu’on était là !
SortieLeyre-Arcoa520-2Avant d’arriver au port de Biganos, le bras se rétrécie. Il devient difficile de se croiser. Alors qu’une pinasse et deux pneumatiques arrivent en face, nous sommes rattrapés par un semi-rigide lancé à pleine vitesse au mépris des remous, et chargé de nombreux passagers avinés, qui hurlent à leur pilote d’aller plus vite.
Nous serrons les fesses et les branchages. Encore un méandre. Nous sommes maintenant suivi par deux très longues pinasses.
Mathieu me demande si nous allons à gauche pour visiter le port de Biganos, ou si nous continuons tout droit poursuivant notre remontée. Je lui propose d’aller à gauche ; je suis particulièrement intrigué de savoir comment est-ce que nous allons tous les trois réussir à faire demi-tour dans un port aussi étroit au regard du trafic particulièrement important ce soir là.
SortieLeyre-Arcoa-600Alors que nous nous engagions l’hélice du 520 est rendue inutilisable par un gros paquet d’herbes. C’est l’embouteillage. Les pinasses stoppent comme elles peuvent. Avec Xavier nous nous portons à sa hauteur afin de l’extraire du trafic. Arrêt technique dans la mise à l’eau des kayaks. Joel ne trouve rien d’extraordinaire dans son arbre. Puis reprise de notre balade découverte.
La manœuvre n’est pas évidente à l’intérieur du port, mais après quelques politesses, et un peu d’attente, nous parvenons à repartir sous l’oeil un peu lassé des autochtones qui ne sont pas habitués à ce que leur petit bout de rivière prenne des allures de “périphérique aux heures de pointe”.
Nous croisons encore quelques semi-rigides qui paraissent ne pas s’accommoder des branchages et autres souches qui régulièrement frottent leur boudin.
Peu de temps après, nous arrivons sur un tronçon plus calme. Et pour cause ; deux arbres barrent le passage. De part et d’autre de la berge, ils sont tombés, laissant un minuscule passage à leur point d’appui.
Un groupe de bateau est à l’ancre et a entamé un apéro bruyant. Je propose que nous tentions de nous engager dans l’espace compris entre les deux arbres; un arcoa passe partout !
Joel s’engage. Je me lance derrière lui. Mais deux branches bloquent mon balcon, et le bateau s’arrête net réveillant Tatiana. Sans attendre, je me précipite à l’avant, Camillus à la main. Les troncs sont trop lourds pour que je puisse les soulever. Le flux commence à faire tourner mon bateau.  La poupe est plaquée contre le tronc situé à bâbord, et la surface de la dérive m’empêche de l’en écarter. Je commence donc à attaquer les deux branches avec mon couteau. En peu de temps la première est tranchée. La seconde, plus épaisse résiste. Un coup dans un sens, un coup dans l’autre, les copeaux volent sur le pont. Le Camillius est un ami fidèle sur lequel on peut compter. La branche finit par céder (Papa dit que c’est toujours le plus intelligent qui céde), et mon balcon est libéré. Pour autant je ne suis pas tiré d’affaire. Je ne peux pas utiliser le moteur à cause de la proximité des branches immergées, et le courant m’empêche d’écarter le bateau. Xavier se rapproche alors de mon balcon, et face au courant m’aide à positionner l’arcoa. Je m’engouffre en marche arrière dans le passage maintenant significativement élargi.
SortieLeyre-Arcoa-600-2 Demi-tour, et je rejoint le 520 de Joel un peu plus loin. A ma suite, Xavier passe sans encombre.
Nous décidons de prendre l’apéro un peu plus loin, afin de célébrer cette première sortie sur le thème de l’Arcoa. Mathieu n’est pas rassuré. Il a peur que nous restions trop longtemps, que l’eau s’en aille vite, et qu’elle ne revienne jamais (NDW: pffff.. que veux tu que je dise…tu me le paieras).
SortieLeyre-Arcoa-520-3 Les craintes se dissipent. Nourriture et alcool. Apéro chic : apéro bio. Les néoarcoaplaisanciers, sont aussi des néohippies.
Le soleil se couche. Il est temps de rentrer. Nous repartons avec le jusant. Il ne faut pas trainer, car la mer se retire. Et de nuit il est particulièrement difficile de se repérer.
Alors que nous faisions route, un bruit de vague attire mon attention. Au détour d’un méandre un bateau surgit à pleine vitesse, sans feux de position. Il nous fonce dessus, si bien que j’ai à peine le temps de précipiter l’avant de mon bateau dans les branchages. Derrière lui, un deuxième et un troisième font la course et essayent de le rattraper. Avec effroi je me retourne, imaginant le pire ; les deux arcoa n’ont que de très faibles lumières. Les vagues sont énormes, et je suis projeté par le ressac au milieu du chenal, aspiré par le courant devenu fort. Xavier et Joel sont parvenus à échapper à ces tarés d’eau douce, ressortissants de Biganos, sans doute frustrés sexuellement par des femmes devenus feignantes avec l’âge et la prise de poids (NDW: là je cautionne moins mais comprends l’emballement de Woody… :) ).
SortieLeyre-Arcoa520-4 Nous poursuivons notre route. Il faut trouver la sortie, mais ce n’est pas le plus difficile. Le plus compliqué sera de revenir jusqu’à l’île aux oiseaux où nous devions passer la nuit avec Xavier.
Les marques sont en vue. La première, la deuxième se dessinent dans les lumières d’Arcachon. Xavier me rejoint, Joel et son équipage rentrent sur Biganos et vont longer la côte. La troisième marque. Et puis plus rien. J’essaye désespérément de faire le point sur ma carte et d’estimer le cap à prendre. Rien. Le sondeur m’annonce un mètre cinquante.
Je décide de prendre le chemin le plus court vers le chenal de Comprian. La nuit est noire. La lune est en train de se coucher. Le sondeur indique un mètre d’eau sous la quille. Il me faut au moins soixante centimètres pour flotter et quatre vingt pour naviguer correctement, sans toucher.
SortieLeyre-Arcoa450Le sondeur indique maintenant quatre vingt dix centimètres et la flèche donne une tendance vers quatre vingt. Il ne sert à rien de changer de cap, de toute façon, je n’ai pas la moindre idée de l’endroit où nous sommes. Mon téléphone sonne. Mathieu m’indique qu’ils viennent de prendre quelque chose dans leur hélice. Le bateau n’avance plus et il n’y a presque plus d’eau là où ils sont. Ma réponse est claire. Impossible de faire demi-tour ; je ne sais pas moi-même où je me trouve. Je jette alors un œil au sondeur : quatre vingt centimètres. Je précise que nous allons sans doute nous échouer également. Soixante dix centimètres. Mathieu raccroche, le bateau est dégagé. Ils avancent à la rame.
Soixante centimètres.
J’essaye de percer la nuit avec mes yeux. Pas une marque en vue. Pas un piquet. Rien.
Cinquante centimètres.
Puis plus rien. Le sondeur clignote. De temps à autre je ressent les aspérités du sol. L’arrière du bateau se lève légèrement lorsque la vase devient moins molle. Un espoir : ne pas accrocher l’hélice. A mes côtés Xavier éclaire avec sa maglight l’immensité obscure du bassin à la recherche de la moindre indication. Il est très probable que nous soyons en train de faire route parallèlement à l’estey. Si tel est le cas, nous ne le trouverons jamais…
Et puis soudain le sondeur indique un mètre, cinquante.. quatre vingt. Trois mètres, cinq mètres. Nous y sommes.
C’est à ce genre de détail que l’on sait si l’on a acheté le bon bateau : les bons bateaux portent chance et te sortent de toutes les situations.
Je me dirige bien plus facilement. Alors que nous passons devant le port d’Arcachon, je décide d’appeler Mathieu. Je lui propose de revenir les chercher avec le bateau de mon père. Hord bord, il est plus facile à manœuvrer de nuit dans peu d’eau. Il ne reste que deux kilomètres avant d’arriver à Larros, et Mathieu m’assure que tout va bien. Ils sont descendus pousser le bateau, et ils ont de l’eau à la taille maintenant.
SortieLeyre-Arcoa520-5 Une fois que nous sommes ancré à l’île aux oiseaux, je contacte de nouveau Mathieu. Il ne répond pas. Je m’inquiète un peu. Quelques minutes plus tard, mon téléphone sonne. “Je te rassure tout de suite, je suis en train d’arriver à ma voiture. Par contre, on a laissé le bateau sur le bassin ; c’est pour çà que je rentre à pied”.

Une sacrée histoire tout de même ; et j’attends avec impatience de lire la version “vécue” de cette histoire .”

Bon, après un tel récit, il va vraiment falloir que l’un de nous (520) raconte cette soirée assez extraordinaire. Pareil pour Xavier, qu’il n’hésite pas!

2 Comments to ‘Arcoa-trip: Un 450, un 520 et un 600 en expédition sur la Leyre’:

  1. Franck on 15 oct 2009 at 9:01: 1

    C’est pour ce genre de trip que j’ai depuis longtemps envie d’un Arcoa…
    Petits veinards…

  2. Erak on 4 nov 2009 at 21:17: 2

    Super Mat

    Encore, plein de bonnes choses à découvrir autour du Bassin.

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